Nous ne notons pas les fleurs, dit le géographe

04/12/2010 Print This Page

La version française est accessible à la fin de la présentation en anglais.

Nous ne notons pas les fleurs
(We Don’t Record Flowers)

a project curated by bo-ring (Virginie Bobin and Julia Kläring)

with works and events by Lara Almarcegui, Louidgi Beltrame, Ursula Biemann, Julien Blanpied, Wang Bing,Tacita Dean, Ellie Ga, Michael Höpfner, Ruth Kaaserer, Yves Mettler, Trevor Paglen, Carson Salter, le Silo,Triple Canopy and José León Cerrillo

bétonsalon, Paris
October 9, 2010 – January 15, 2011

Opening Saturday October 9, 2 to 9pm

A both infinite and self-enclosed territory (double illusion), “the desert” crystallizes a broad network of disciplines and references, from geography to literature, philosophy to biology, cartography to ecology. Desert is whiteness “without qualities” – or so it is fantasized – and is best captured with maps or planar representations. It is thus an ideal space for projection, inscription, and the forward planning of political fantasies, architectural utopias, scientific expeditions, and some of fiction’s founding narratives. It is the image of a place that is out of time and out of the world, a heterotopia often represented with connotations of romanticism. It is also a landscape, a (film) developer, a theater, a laboratory, crossing migratory trajectories, socio-political experiments and attempts for national hegemonies: before all, a place that bodies and histories pass through and constitute.

We Don’t Record Flowers, Said the Geographer takes roots in the appropriation – under various forms and for various reasons – of the desert an its images in modern and postmodern political and cultural history. Beyond the current fascination for entropy and the poetics of ruins, the exhibition considers both “natural” desert spaces and deserted urban ones in dialectics of occupation/de-occupation and appropriation/expropriation. Such territories call for design – according to Hal Foster’s understanding – and many artists appropriated these multiple interwoven relationships in order to examine, document and report on them and/or to produce new projections and new narratives. We Don’t Record Flowers (…) is inspired by a conception of geography that takes into account the relationship between subject and place: a conception that is not fixed but transformable and is regularly redefined and restructured, quite different from the authoritarian and ethnocentric conception evoked by the title – a quote from Saint-Exupéry’s Le Petit Prince. The documentary and ethnographic aesthetic of most of the presented pieces actually reveals a more vast and subtle network of connotations, lapses and narrations, proposing a psychogeographic lecture on the desert.

program of narratives (films, conferences, performances) will accompany the exhibition. The whole project will result in the conception of a free catalogue to download on www.wedontrecordflowers.net.

See exhibition views here.

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un projet de bo-ring (Virginie Bobin et Julia Kläring)
bétonsalon (Paris)

avec Lara Almarcegui, Louidgi Beltrame, Ursula Biemann, Julien Blanpied, Wang Bing, Tacita Dean, Ellie Ga, Michael Höpfner, Ruth Kaaserer, Yves Mettler, Trevor Paglen, Carson Salter, le Silo, Triple Canopy and et León Cerrillo

du 9 octobre 2010 au 15 janvier 2011

vernissage samedi 9 octobre 2010 de 14h à 21h

Présentation

Nous ne Notons pas les fleurs est une exposition conçue par le collectif curatorial bo-ring (Virginie Bobin, Fr, et Julia Kläring, Aut) pour l’espace de bétonsalon à Paris du 9 octobre 2010 au 16 janvier 2011, articulant une sélection d’œuvres d’artistes internationaux et de documents, un espace de recherche et une programmation d’ateliers, de performances et de projections.

Territoire à la fois infini et clos sur lui-même (double illusion), « le désert » cristallise un vaste faisceau de références et de disciplines, de la géographie à la littérature, de la philosophie à la biologie, de la cartographie à l’écologie. La blancheur sans qualités – ou fantasmée comme telle – du désert (qui ne peut souvent être embrassée que grâce aux cartes ou à des représentations aplanies) en fait un espace idéal de projection, d’inscription et de planification pour fantasmes politiques, utopies architecturales, expéditions scientifiques et récits de fiction plus ou moins fondateurs. Il est l’image de ce lieu hors du temps et du monde, une hétérotopie dont les représentations sont souvent connotées de romantisme. Il est aussi un paysage, un révélateur, un théâtre, un laboratoire, où se croisent trajectoires migratoires, expérimentations sociopolitiques et tentatives d’hégémonies nationales : un lieu avant tout traversé et constitué par des corps et des histoires.

Nous ne notons pas les fleurs, dit le géographe prend pour point de départ l’appropriation – sous des formes et pour des raisons variées – du désert et de ses images dans l’histoire politique et culturelle moderne et postmoderne. Au-delà d’une certaine fascination actuelle pour la question de l’entropie et une poétique de la ruine, l’exposition considère à la fois les espaces des déserts « naturels » et les espaces urbains désertés, dans une dialectique d’occupation/désoccupation, appropriation/expropriation. De tels territoires appellent au design, selon l’acception d’Hal Foster , et nombreux sont les artistes à s’être emparés de ces relations multiples pour les examiner, les documenter, en rendre compte et/ou pour produire de nouvelles projections et de nouveaux récits. Nous ne notons pas les fleurs (…) s’inspire d’une conception de la géographie qui prend en compte la relation du sujet au lieu : une conception non pas fixe mais transformable et régulièrement redéfinie et restructurée, à l’inverse de celle – autoritaire et ethnocentrique – évoquée par la citation du Petit Prince de Saint-Exupéry qui donne son titre à l’exposition. Ainsi l’esthétique documentaire, voire ethnographique de la plupart des pièces présentées recouvre-t-elle en réalité un réseau subtil de connotations, d’écarts et de narrations plus vaste, qui propose une lecture « psycho-géographique » du désert.

Une série de récits (conférences, performances, films) accompagnera l’exposition. Calendrier à venir sur www.betonsalon.net et www.bo-ring.net.
catalogue en ligne: www.wedontrecordflowers.net

Vues de l’exposition ici.